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Promener par temps de gel : les coussinets d’abord

Avatar de Maylis Corbehem

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Un trottoir gelé ou une pelouse durcie par le givre ne pose pas de problème au premier pas, mais les coussinets encaissent en silence, et le retour à la chaleur révèle parfois des crevasses apparues sans qu’on les ait vues venir. Le réflexe du maître, souvent, va d’abord vers le manteau ou l’écharpe, alors que ce sont les pattes qui souffrent en premier.

Ce que le froid fait vraiment aux coussinets

La peau des coussinets, plus fine que celle du reste du corps, se dessèche rapidement au contact répété du froid et du sel de déneigement. Cette sécheresse fragilise la surface, qui se fissure ensuite sous la pression de la marche. Les crevasses, une fois installées, rendent chaque pas douloureux et peuvent s’infecter si elles ne sont pas surveillées.

Le sel répandu sur certains trottoirs urbains aggrave le phénomène en accentuant l’irritation, et il devient toxique si le chien se lèche les pattes pour soulager une gêne, un risque que l’ANSES recense parmi les intoxications domestiques saisonnières chez les animaux de compagnie. Un rinçage à l’eau tiède des quatre pattes au retour de promenade, suivi d’un séchage complet entre les doigts, limite ce risque simplement et rapidement.

Les gestes qui protègent

  • Vérifier les coussinets avant et après chaque sortie par temps de gel
  • Rincer les pattes à l’eau tiède si le trajet a croisé du sel de déneigement
  • Sécher soigneusement entre les doigts pour éviter les crevasses
  • Raccourcir les sorties par grand froid plutôt que de les supprimer
  • Observer une éventuelle boiterie au retour, signe d’une gêne à surveiller

Un chien qui lève une patte, hésite à poser un pied ou marche différemment sur une surface gelée manifeste souvent un inconfort réel, pas une réticence capricieuse. Ce comportement mérite d’être pris au sérieux plutôt que d’être ignoré au nom de la promenade quotidienne.

Le pelage entre les coussinets compte aussi

Chez certaines races au poil long ou fourni, des touffes de poil se forment entre les coussinets et retiennent la neige ou le verglas sous forme de petites boules de glace. Ces amas gênent la marche et accentuent le contact froid direct avec la peau. Un poil taillé court à cet endroit, avant l’arrivée du froid, facilite la marche et limite la formation de ces boules de glace au fil des sorties hivernales.

Adapter la sortie sans la supprimer

Le mouvement reste nécessaire au bien-être du chien, même en hiver. Il s’agit surtout de choisir des horaires où le sol est moins glacé, souvent en milieu de journée, et de privilégier les surfaces naturelles aux trottoirs traités au sel. Un passage régulier par une zone de balade normande moins urbanisée limite l’exposition au sel de voirie tout en gardant l’intérêt de la sortie.

En cas de crevasse déjà installée ou de boiterie qui persiste au-delà d’une journée, la prudence impose de consulter un vétérinaire plutôt que d’attendre une amélioration spontanée. La rubrique santé animale détaille d’autres signaux à surveiller au quotidien chez un chien ou un chat.

Une petite application de baume protecteur avant la sortie, sur des coussinets déjà secs ou fragilisés par des hivers précédents, peut compléter ces gestes, à condition de laisser le produit bien pénétrer avant de partir pour ne pas rendre la surface glissante. Cette habitude simple, ajoutée aux autres réflexes, protège durablement une zone du corps souvent oubliée alors qu’elle supporte tout le poids de l’animal à chaque pas.


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